Littéralement: "tête de peuplier".
Expression utilisée en patois
haut-alpin pour designer un "idiot".
DECLIN DU MONDE INDUSTRIEL
Histoire - Égarements
Égarements

Croissance exponentielle

Dés le XIe siècle, les richesses en ressources naturelles ont afflué vers l'Occident, puis au XVIe siècle, cet afflux a décuplé et n'a cessé de croître jusqu'à aujourd'hui. On peut comprendre qu'à l'époque, devant une telle quantité, l'homme ait pu penser que ceci était infini, que ces richesses ne cesseraient d'augmenter. Mais aujourd'hui, nous connaissons tous l'histoire du Sultan proposant à l'inventeur de l'échiquier de le remercier en grains de blé. Un sur la première case, deux sur la deuxième, quatre sur la troisième et ainsi de suite. Pour couvrir l'échiquier (64 cases), il faudrait environ 1500 ans de production actuelle. Ce qui est possible en mathématique ne l'est pas obligatoirement en physique. L'infini n'est qu'un concept mathématique, il n'a aucune réalité physique.

Prenons un autre exemple en conservant le principe du problème précédent, le doublement. Nous sommes tous familiers avec les taux d'emprunt ou d'épargne. Évaluons le temps nécessaire au doublement d'un capital pour un taux d'intérêt constant. La formule est simple, le nombre d'années au bout desquelles le capital est multiplié par " x " est ; log(x) / log(1+pourcentage d'intérêt annuel).

Ce qui donne pour un doublement sur un intérêt à 2% par an,

log (2) / log (1+0,02) = 35 ans

Quand il s'agit d'épargne, c'est merveilleux, le capital est doublé après seulement 35 ans. Quand il s'agit de remboursement d'emprunt, c'est déjà moins bien, on a payé deux fois le prix après seulement 35 ans. Le même problème s'applique également à la démographie et aux ressources naturelles. Que le nombre d'humains augmente d'un certain pourcentage tous les ans et inéluctablement, le nombre sera doublé après un certain nombre d'années. Il en est de même pour l'exploitation des ressources naturelles. Évidemment, quand celles-ci sont des ressources "finies", leur épuisement se rapproche à grands pas.

La notion de croissance infinie est donc une ineptie du point de vue physique. "Tout ce qui monte redescendra un jour", la croissance porte en elle le germe de son déclin.

Économie

Avec l'afflux des richesses dés le XVIe siècle, les échanges se sont intensifiés et les principes en furent théorisés. A l'époque, la science, dite naturelle, triomphe. Les découvertes scientifiques se succèdent, les outils mathématiques de modélisation de la nature se développent, l'homme explique les phénomènes naturels, il est capable de les reproduire et ne va cesser de vouloir les prédire.

Chacun va vouloir sa science "naturelle", Kant rêvait d'une métaphysique scientifique. La raison en est simple, la physique trouve des lois "universelles". Newton et la loi de la gravitation en est un exemple flagrant, cette loi est irréfutable.

La science est toute puissante et l'économie, qui utilise les mêmes outils mathématiques va revendiquer son état de science. Pourtant, ce n'est qu'une invention de l'homme, en un lieu et un temps donnés.

Les ressources naturelles paraissant incommensurables, elles furent considérées comme flux et non comme stock et de ce fait, il fut compréhensible de baser la production de richesses sur la capacité à investir et la capacité à travailler au lieu de la baser sur la quantité de ressources accessibles.

Aujourd'hui nous savons que nombre de ressources naturelles ne sont pas un flux mais un stock et que la création de richesses en est directement proportionnelle.

Il serait donc grand temps de revoir la copie d'Adam Smith. Il n'est pas question de faire ici la critique du libéralisme ou de tout autre système économique (Marx a fait la même erreur un siècle plus tard), mais de revoir la théorisation des échanges.

Autre problème pour l'économie, la négation de l'entropie. A aucun moment il n'est fait allusion à la dégradation du système. Au contraire, la dégradation est considérée comme source de richesse. Suivant le calcul du PIB, une voiture accidentée crée de la richesse puisque l'on en consomme une nouvelle. L'économie, qui se veut "science naturelle", a superbement ignoré la thermodynamique.

Maîtrise de la nature

Avec le passage de l'outil à la machine, l'homme va creuser des canaux, tracer des routes, construire des digues, percer des tunnels. Il façonne la nature à son bon vouloir et va très vite être persuadé qu'il est le plus fort. Cette croyance est tenace, le récent président des USA en est un fervent adepte, lors de son discours d'investiture il déclarait: « Nous dompterons le soleil, le vent et le sol pour faire avancer nos automobiles et tourner nos usines. Nous redonnerons à la science la place qu'elle mérite et utiliserons les merveilles de la technologie pour accroître la qualité des soins de santé et diminuer leur coût. Nous transformerons nos écoles et nos universités pour répondre aux exigences d'une ère nouvelle ».

Le dernier délire vient avec le réchauffement climatique, l'homme réussirait à stabiliser la courbe des températures, due principalement à des effets astrophysiques, en réduisant simplement sa production de gaz à effet de serre.

Les catastrophes naturelles, phénomènes normaux, communs, devraient nous ramener vers un peu plus d'humilité.

Intelligence de l'homme

On aurait pu s'arrêter là, croire à la croissance exponentielle, baser nos échanges sur un raisonnement faux (flux et non stock) et nous croire plus forts que la nature. Cela ne suffisait pas, l'homme moderne a ajouté sa supériorité intellectuelle.

Bien sûr, s'il est capable de tant d'exploits (il marche sur la lune), c'est qu'il est avant tout très intelligent. C'est normal, le plus fort se croit toujours le plus malin. Pourtant, il n'y a aucune trace d'intelligence dans notre monde moderne, le niveau de connaissances a décuplé et de nombreux savoir-faire ont disparu. Nous sommes devenus des savants ne sachant plus rien faire.

Par contre, par rapport aux peuples primitifs, l'homme moderne est:

Vision de l'histoire

Le schéma synoptique ci-avant est de conception récente. Jusqu'au milieu du XVIIIe siècle, la représentation de l'histoire du monde commençait il y a environ 7000 ans à "La Genèse". Ce qui veut dire que Rousseau, Diderot, Voltaire et leurs congénères ont peut-être tenu des raisonnements cohérents, mais sur des données fausses. Ne serait-il pas temps, là aussi de revoir les copies?




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